HESAV

Mar 08, 2017

Récit d’un stage pratique au Sénégal

HESAV offre la possibilité à ses étudiants de partir aux quatre coins du monde. Fanny Medina, étudiante en 2ème année, filière Sage-femme, a choisi de partir à Fatick, au Sénégal, dans un hôpital régional pour y découvrir les pratiques obstétriques. Elle partage avec nous quelques-uns des moments intenses vécus au cours de ces 6 semaines pas comme les autres.


DSCF9951.jpgFanny, pourquoi avoir choisi de partir au Sénégal ?
J’avais envie de m’ouvrir à des pratiques de soins différentes, en particulier dans un pays en voie de développement. Je pensais aussi que c’était une expérience utile pour une future pratique en Suisse avec des femmes migrantes notamment.

Comment se sont déroulés les premiers jours ?
Il y a toujours de l’émotion et le stress de se dire « est-ce que je vais être capable de gérer ça ? ». On ne connaît pas les protocoles et on espère éviter de faire des impairs culturels et hiérarchiques. Pour la petite histoire, lors de mes premiers accouchements, tout le monde est venu pour voir comment je pratiquais. J’étais mal à l’aise car avec 20 accouchements à mon actif, je ne me sentais pas du tout experte.

Comment se présente le service d’obstétrique ?
Dans la salle d’accouchement, il y avait 3 tables d’accouchement (avec chacune un seul étrier). Comme c’était la fin de la saison des pluies, il y avait beaucoup de crapauds et d’insectes, les moustiquaires n’étant plus très « opérationnelles ». Mais tout était propre, ça sentait l’eau de javel. Il y avait un chariot avec le matériel pour l’accouchement, un autoclave et tout était stérilisé. Il y avait ensuite une porte à battant et on entrait dans une salle avec 10 lits qui servait de salle de réveil, de consultation postnatale ou d’hospitalisation pour les grossesses à risque. Et puis, il y avait le service du postpartum avec 40 lits environ.

Quelles sont les principales différences au niveau de la pratique ?
Leurs moyens en terme de matériel sont différents, ils sont donc davantage axés sur l’observation des signes cliniques. Les sages-femmes et le médecin travaillent beaucoup avec leurs mains, leurs yeux et le toucher. Et comme les femmes doivent payer leurs soins, la dimension financière est importante et déterminante pour les soins qui sont apportés. Ce qui nous paraît essentiel en Suisse est souvent supprimé.Il y a très peu de suivi prénatal : il n’est pas rare de renconter une femme pour la première fois lors de son accouchement. On ne connait donc pas son histoire personnelle et médicale. Les sages-femmes militent d’ailleurs beaucoup pour valoriser la prise en charge prénatale et montrer qu’elle a du sens. Les patientes sont aussi plus autonomes. Il arrive même que les femmes effectuent seules les gestes de l’accouchement : elles accueillent leur bébé lorsqu’il est sur le point de sortir et recueillent également leur placenta. C’est surprenant mais elles font ça très naturellement car elles ont l’expérience d’avoir accouché à la maison.

Pouvez-vous nous raconter souvenir marquant ?
Avec les médecins, nous avons eu beaucoup de discussions sur la physiologie et la manière de valoriser cet aspect. Par exemple, ils ont tendance à mettre directement une sonde alors que chez nous les pratiques sont différentes. Je leur ai parlé du travail sur les mouvements et ils ont été très réceptifs à mes propositions. J’ai pu expérimenter cet aspect sur une femme en particulier qui a beaucoup apprécié. Elle était ravie de la prise en charge. Elle a même appelé sa petite fille Fanny. J’étais très émue. 

Le mot de la fin ?DSCF8187.jpg
J’ai appris beaucoup de chose que je n’aurais pas pu apprendre ici. Je me sens enrichie de cette expérience et j’ai le sentiment d’avoir mieux compris les enjeux en lien avec la santé materno-infantile. Merci à HESAV de nous laisser la chance de partir et de nous donner les moyens car c’est une expérience inoubliable. Toute ma vie je me souviendrai de ce stage.