HESAV

8ème Journée de Psychiatrie

Vendredi 25 novembre 2016

"L'EMPATHIE À l'ÉPREUVE DU FEU"

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Jeudi 24 novembre 2016, à 19h
Conférence d'ouverture

Marie Pezé, France
Co-organisée avec le Centre de Psychanalyse de Lausanne(CPL), SSPsa

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Au croisement de la pensée et de l’action, le phénomène de l’empathie est au cœur du travail clinique. Un signe frappant amène à tendre l’oreille : la fréquence élevée avec laquelle on parle de cette notion au quotidien, le plus souvent sous couvert d’évidence et parfois à grand renfort moral (la fameuse prescription soignante « il faut être empathique »).

Ainsi, proposerons-nous de consacrer l’édition de notre 8e colloque à ce phénomène en avançant quelques questions : que recouvre la notion d’empathie, sous l’angle général et clinique ?
En quel sens ce qui se désigne comme empathie éclaire-t-il certaines dimensions d’une rencontre – toujours à penser - voire certaines « rugosités » susceptibles d’apparaître dans la relation à l’autre ?  Mode de connaissance privilégié d’un être humain pour son semblable, l’empathie n’apparaît-elle pas aussi à « l’épreuve du feu », soit soumise à la réalité du fait de l’altérité ?
Le désir d’empathie n’expose-t-il pas – plus souvent qu’on ne le dit – le clinicien à des difficultés de pouvoir sentir et comprendre le monde de celui à qui il a affaire ? Pensons, par exemple, au travail qui place le clinicien aux avant-postes des réalités de la maladie somatique, à l’agir pervers ou au recueil du récit d’un tortionnaire. Par ailleurs, comment affronter certaines formes de violences psychiques et sociales sans risquer de les ressentir en son être et encaisser leurs coups ?

L’empathie, souvent approchée comme évidente capacité d’identification à l’autre, nécessaire à la perception consciente ou inconsciente de ses affects, de son contexte et de son rapport au monde, rend possible le partage d’expérience et de connaissance. Mise à mal, voire désavouée, l’empathie nécessite un travail psychique de construction pour les deux partenaires de la relation. C’est un concept transverse et nomade qui permet de faire dialoguer le travail du philosophe, du soignant, du psychanalyste et du neurophysiologiste. Du reste, les tentatives engagées pour lui donner du sens par de très nombreux spécialistes ne cessent d’évoluer. Relève-t-elle d’un travail de la nature et/ou de la culture en l’homme ?

Son abord prend un sens particulier aujourd’hui où l’actualité politique et sociale, chargée d’événements violents, dévoile combien le lien humain peut être bruyamment travaillé par des enjeux de fond qui ont à voir avec la capacité/la difficulté à se placer du point de vue de l’autre. Pour aller plus loin dans notre réflexion, nous avons invité à notre table des conférenciers issus de diverses disciplines qui ont tous en commun d’avoir consacré une large part de leur travail à ces questions. A travers des éclairages théoriques et des cas cliniques, les exposés porteront sur des problématiques qui représentent des mises à l’épreuve de l’empathie : la maltraitance au travail, la torture dans un contexte de guerre, ou encore le suivi de délinquants sexuels.

Les inscriptions sont désormais fermées

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