Journée thématique proches aidant·es 2026 : expériences et enjeux de la post-aidance

HESAV photo journée thématique proches aidants
Qu’advient-il lorsque la fonction de proche aidant·e s’allège ou prend fin ?  Délégation des soins à des professionnel·les, entrée en institution ou encore fin de vie : la Journée thématique proche aidant·es, organisée en partenariat entre HESAV, la Croix-Rouge vaudoise, l'Association de Proches aidants et Espace Proches, invite à explorer ces passages délicats en abordant aussi bien les enjeux identitaires, émotionnels et organisationnels, le rôle des professionnel·les et la valorisation des acquis. Un événement soutenu par l’Etat de Vaud à destination des étudiant·es, des professionnel·les de la santé et des personnes concernées.

Le chemin de la proche aidance ne s’arrête pas avec la fin de l’accompagnement. « La maladie de la personne aidée oriente grandement le quotidien des proches aidant·es, souligne Anne Louis, Maître d’enseignement HES à HESAV. Alors comment se reconstruire, se penser soi-même, quand cette personne n’a plus besoin d’aide ? ». Cette étape, déjà, doit composer avec le potentiel soulagement de retrouver sa propre vie, son temps – et la possible culpabilité de ressentir ledit soulagement. Il doit également faire avec un profond bousculement identitaire : changement de rôle, de quotidien, difficultés à faire reconnaître ses compétences, à réinvestir sa vie. Des enjeux qu’il faut considérer de manière collective.

Reconnaître les compétences des proches aidant·es

Les questions que soulève la post-aidance mettent en exergue des problématiques qui concernent la proche-aidance dans son ensemble. « Il y a un besoin urgent de valoriser les compétences des proches aidant·es, affirme Mélissa Genet-Lecocq, Secrétaire générale de l’Association de Proches Aidants. Avec leur connaissance souvent fine de la personne aidée et de sa condition, les proches aidant·es peuvent être des partenaires privilégié·es dans le parcours de soins ou de rétablissement ». Reconnaître leur expertise leur donne la possibilité de contribuer, dans le cadre de la situation d’aidance et, parfois, au-delà. Certain·es, ainsi, vont jusqu'à envisager une reconversion professionnelle. Dans cette perspective, un simple bilan de compétences pourrait représenter un levier essentiel.

Du rôle des soignant·es

« A HESAV, nous collaborons avec des proches aidant·es, qui viennent partager leurs acquis et leur vécu, raconte Marina Canepa Allen, Maître d’enseignement HES à HESAV. C’est un moyen de reconnaître leur savoir-faire. Et il s’agit surtout de préparer les futur·es professionnel·les de la santé à collaborer avec elles et eux ».

Car c’est là un deuxième enjeu majeur : comment travailler ensemble, en faisant de la place à toutes les expertises au service de la santé de la personne aidée ? « Quand une personne âgée entre en EMS, par exemple, le rôle des proches aidant·es se reconfigure selon la place que leur laisse le personnel médico-social », explique Anne Louis. Pour cette raison, certain·es considèrent que la post-aidance commence déjà au seuil des institutions de santé. « Cela doit changer, insiste Mélissa Genet-Lecoq. Les soignant·es doivent se préoccuper de ces moments de transition pour qu’elles ne représentent pas des ruptures dans les trajectoires des personnes malades et de leurs proches ».

Une journée pour construire ensemble

La Journée thématique proches aidant·es sert justement cet objectif. Elle met autour de la table étudiant·es, professionnel·les de la santé et proches aidant·es, pour favoriser les échanges interdisciplinaires et le dialogue entre savoirs expérientiels et professionnels. Ce moment permet de reconnaître et de valoriser le rôle et les compétences des proches aidant·e et de sensibiliser les professionnel·les de la santé et du social (en poste ou en formation) pour construire des pratiques collaboratives. « Chaque année, nous accueillons une centaine de personnes concernées », se réjouit Marina Canepa Allen.