Des étudiant·es se mobilisent pour promouvoir la santé auprès de leurs camarades

Un projet pilote de promotion de la santé et de prévention par les pairs a été déployé à HESAV et montre des résultats prometteurs. Les 9 étudiant·es engagé·es ont été formé·es sur des sujets de santé publique choisis sur mesure pour leurs camarades. L’objectif est de sensibiliser, lever les tabous et orienter vers les ressources institutionnelles et les partenaires compétents.

Sur des sujets sensibles ou intimes tels que la consommation de substances psychoactives, la santé sexuelle ou la santé mentale, il est parfois plus facile de se confier à ses camarades de formation qu’à des professionnel·les. C’est tout l’enjeu de la prévention par les pairs et c’est dans cette perspective que le service de santé de HESAV a mis en place un projet pilote. Neuf étudiant·es ont ainsi été recruté·es et formé·es pour faciliter les échanges avec la communauté et fournir un premier niveau d’information sur le bien-être, la santé et la réduction des risques.

« Notre premier objectif est de faire exister un discours de prévention et de promotion de la santé au sein de l’école, précise Annick Duperrex, Infirmière spécialisée en santé communautaire et en promotion de la santé à HESAV. Rendre visibles ces thématiques, c’est certes de la sensibilisation, mais c’est aussi un moyen de lever les tabous qui persistent. »

Un dispositif créé sur mesure pour HESAV

Le choix des sujets s’est basé sur les données concernant les problématiques de santé de la population étudiante en général : sédentarité, consommation de substances psychoactives, santé mentale, harcèlement et discriminations ont ainsi été identifiées comme prioritaires. « L’expérience sur le terrain a très vite permis aux étudiant·es de faire remonter un besoin sur les questions de santé sexuelle, relève Annick Duperrex. Nous avons donc ajouté cette thématique à la formation de base des ambassadeur·ices Santé et Prévention et comme offre lors des interventions ».

Deux formats d’intervention ont été mis en place : des déambulations sur les pauses de midi et la présence de stands lors d’événements institutionnels ou festifs. Les étudiant·es s’appuient sur des supports ludiques pour initier les conversations. « L’une des interventions a été proposée par des étudiant·es dans le cadre d’un cours sur la promotion de la santé, se réjouit Annick Duperrex. Après quelques missions, ils et elles ont également décidé de créer un logo et des badges pour être reconnaissables lors de leurs déambulations. »

La prévention, ça s’apprend !

Chaque thématique a fait l’objet d’une formation et les étudiant·es ont appris à mener les conversations selon l’approche motivationnelle. « Il est primordial de ne pas émettre de jugement ni de conseil non-sollicité, explique Annick Duperrex. L’échange doit permettre aux camarades de questionner certains de leurs comportements : quels en sont les bénéfices perçus ? Avec quelles valeurs ou aspirations entrent-ils en confrontation ? » Le but de l’approche motivationnelle est ainsi d’initier l’envie de changer, afin que l’information transmise ait du sens et de l’efficacité.

Ils et elles ont aussi développé leurs connaissances du réseau de partenaires locaux et des prestations disponibles. Cela leur permet d’orienter leurs camarades vers les services compétents. « Leur rôle n’est pas de résoudre les problèmes mais d’être un relai, une porte d’entrée sur ces différents sujets, afin d’ouvrir les échanges et orienter vers les services compétents lorsque cela est nécessaire », conclut Annick Duperrex.