HESAV s’engage pour le Montreux Jazz Festival et la Fête du Blé et du Pain

Aider les personnes à mobilité réduite, sensibiliser le personnel des bars à la vente d’alcool aux mineur.e.s, fournir des renseignements sur l’alimentation saine ou les risques de déshydratation, ainsi que bien d’autres actions de prévention publique : durant la période estivale, les étudiant.e.s en 2ème année Bachelor en Soins infirmiers de HESAV se sont activé.e.s sur les terrains de loisirs où se rassemblent les Romands.

Leurs projets de santé communautaire ont été élaborés dans le cadre du module « Méthode, Démarches et Outils / Education à la santé ». En partenariat avec les organisateurs, ceux-ci ont débouché sur des actions concrètes au Montreux Jazz Festival et à la Fête du Blé et du Pain. D’autres groupes préparent déjà leur participation à la Fête des Vignerons de 2019. De telles collaborations permettent d’offrir des prestations professionnelles et utiles au public, tout en participant à la formation des futur.e.s soignant.e.s.

Les futur.e.s infirmier.ère.s à la Fête du Blé et du Pain

Pour la première fois, la filière Soins infirmiers de HESAV s’est impliquée lors de la Fête du Blé et du Pain, qui a eu lieu du 15 au 26 août 2018, à Echallens. Dans le contexte de sa mission de service public, la Haute école répond ainsi à une demande des organisateurs qui souhaitaient une expertise infirmière pour assurer la sécurité de la mobilité des participants. Au vu du nombre très important de personnes âgées dans le public, leurs déplacements vers et sur le site ainsi que dans les gradins représentent un défi, en particulier pour les personnes à mobilité réduite.
16 étudiants Bachelor de 2ème année ont donc développé des projets de santé publique. Valérie Renoud, maître d’enseignement, explique la démarche.

Quels projets ont-ils montés et pourquoi ?

Il s’agit de projets de promotion et d’éducation à la santé. Durant leur 2ème année d’études Bachelor, les étudiant.e.s ouvrent leur champ d’exploration à la dimension communautaire. Cela leur demande d’appréhender la profession dans un cadre plus large et d’aller à la rencontre des personnes dans leur lieu de vie ou d’activité. Cela leur permet aussi d’approcher des personnes en principe non malades, dans une démarche de maintien de la santé.

1er projet : aide à la mobilité
2e projet : hydratation

Quel est l’intérêt de ces projets ?

De tels engagements permettent aux étudiant.e.s de mettre en pratique et de réaliser une démarche d’éducation à la santé en contexte réel. Ils peuvent développer leur réflexion avant, pendant et après leur action et en tirer des apprentissages pour une prochaine action communautaire. Ils se créent des expériences auxquelles ils pourront se référer au cours de leur future carrière. De plus, travailler sur le terrain en situation réelle leur permet d’améliorer leur capacité communication, d’innovation, d’adaptation et de recherche de solution dans le moment présent. Tout le processus de construction et de réalisation du projet offre la possibilité de transcrire dans la pratique leur travail d’abord théorique.

HESAV se préoccupe de la santé des festivalier.ère.s

« Mouliner » son propre smoothie à la force de ses mollets, tout en prenant conscience des calories perdues ? C’est une activité de promotion de la santé qui a été proposée aux festivalier.ère.s du Montreux Jazz, grâce à l’engagement des étudiant.e.s en Soins infirmiers. Pour la deuxième année consécutive, la filière a élaboré des projets de santé communautaire. Au niveau théorique, il s’agit de travaux réalisés dans le cadre de modules de formation en 2ème année. Plusieurs groupes d’étudiant.e.s ont souhaité concrétiser leurs projets sur le terrain et ont été présents à Montreux par rotation, tous les jours de semaine entre le 2 et le 13 juillet 2018, de 13h30 à 18h00 :

  • Vente d’alcool aux mineurs : sensibilisation des barmen sur le sujet de leur responsabilité dans la vente et interactions ludiques avec les visiteurs en les informant sur les effets de l’alcool sur le comportement.
  • Manger sain : animation autour du manger bio. Est-ce une attitude plus saine ?
  • Mobilité douce : présence d’un « vélo à smoothies » et sensibilisation au déplacement par la marche.
  • Santé sexuelle : animation durant deux soirées, encadrée par ProFa.
    Alternance entre théorie et pratique
  • Etablir le lien entre apprentissage académique et pratique est l’un des points forts de la formation HES.

Pour Françoise Ineichen, maître d’enseignement dans ce module et coordinatrice du pôle prévention du Festival de Jazz de Montreux, qui accompagne les projets sur place, « l’étape d’exécution nécessite de nombreux réajustements liés à la réalité du contexte et du terrain. Les étudiant.e.s qui ont la chance de pouvoir le faire en tirent des bénéfices certains ». Sorti.e.s de leur zone de confort et au contact avec le public, ils-elles développent également des compétences sociales.

Par ailleurs, en tant que Haute école de Santé, HESAV souhaite assumer une responsabilité sociale en offrant des services de santé publique à la population. Il est d’ailleurs à relever que certains des projets développés sont désormais appliqués chaque année par l’équipe de prévention du terrain.

Découvrez ci-dessous les impressions croisées d’une enseignante et d’une étudiante.

Françoise Ineichen, maître d’enseignement dans ce module et coordinatrice du pôle prévention du Montreux Jazz Festival (MJF)

Comment s’est déroulée cette expérience extra muros ?

Comme les années précédentes, cette expérience a été très riche pour les étudiant.e.s et aussi pour la manifestation. La collaboration avec le Montreux Jazz a débuté en 2013 déjà – et d’ailleurs certains projets mis sur pied les années précédentes figurent dorénavant au programme de l’équipe sécurité du festival. C’était la 2ème année consécutive que 8 à 10 étudiant.e.s passaient 10 jours sur place.

Êtes-vous satisfaite des résultats ?

Je suis ravie, surtout des discussions que j’ai eues avec les étudiant.e.s sur leur ressenti. Ils/elles ont fait plus que répondre au mandat. J’ai constaté un vrai engagement, un vrai désir de faire passer un message de prévention, malgré un terrain de travail extra muros, ils ont rapidement trouvé des ressources pour aller aborder les festivalier.ère.s « en bonne santé ».
Sur le terrain, les étudiant.e.s arrivent à prendre la distance nécessaire, ce qui n’est pas possible quand la tête reste dans le projet théorique. C’est très riche pour moi et pour elles et eux. Je dirais que, sur le terrain, ils/elles se comportent en professionnels.

Comment se sont déroulés les quatre projets sur le terrain ?

L’animation bio a suscité beaucoup plus d’intérêt que ne l’avaient supposé les étudiant.e.s, à leur plus grande satisfaction. Cela a d’ailleurs permis de renforcer leur motivation pour ce projet et leur engagement.
Le projet sur la vente d’alcool aux mineurs.e. a été très bien accueilli par les responsables de bar ainsi que tous leurs bénévoles qui se sont empressés de porter avec fierté les badges de prévention créés par nos étudiant.e.s. Il faut savoir que la vente d’alcool aux mineurs est un sujet qui préoccupe beaucoup le Montreux Jazz.
Les projets sur la mobilité douce et la santé sexuelle n’ont pu être mis en place que trois jours au total, ces étudiant.e.s étant en stage. Elles/ils ont donné de leurs heures personnelles pour ces actions de prévention ! Là aussi, l’animation a rencontré un grand succès et apporté beaucoup de dynamisme au stand.

Joris Callot, étudiant HESAV en Soins infirmiers, présent au Montreux Jazz Festival

Quel projet avez-vous présenté ?

Avec mes collègues étudiant.e.s infirmier.ère.s, nous avons présenté un projet sur la prévention de la vente d’alcool chez les mineur.e.s dans le cadre du Montreux Jazz Festival. Construit pour le module de 2ème année, ce projet nous a aussi permis de valider un stage en santé communautaire. Nous avions prévu trois activités ciblant les responsables de bar présent.e.s sur le site et la population.

  1. Pour la première activité, équipé.e.s de T-shirts personnalisés de slogans, nous abordions les responsables de bar dans le but de discuter avec eux sur le sujet de la vente d’alcool chez les mineur.e.s, par exemple : prenaient-ils le thème à cœur ? Quelles « techniques » de refus de vente avaient-ils développées ? Qu’est-ce qui les aiderait ?
    Nous finissions notre discussion en leur proposant des badges que nous avions fait confectionner portant des slogans du style « Pas de godets pour les minets » afin de symboliser leur engagement.
  2. Pour la deuxième, nous avions un stand dans lequel un petit jeu avait été confectionné par nos soins : deux joueur.euse.s équipé.e.s de lunettes simulant un état d’ébriété devaient lire des questions et y répondre en lançant une balle dans le seau correspondant à la bonne réponse. Ces questions ont été pensées pour sensibiliser les gens sur la consommation d’alcool, plus particulièrement chez les mineur.e.s. Après avoir éclairé les participant.e.s, nous leurs offrions des recettes de cocktails sans alcool.
  3. La troisième activité consistait à aborder des jeunes visiblement mineur.e.s dans la foule, leur faire porter ces lunettes et leur demander de faire quelques activités requérant une certaine agilité afin de leur faire réaliser comment notre perception et nos mouvements sont imprécis en état d’ébriété.
    Comment cela s’est-il passé sur le terrain ?
    Les responsables de bar ont en grande majorité bien accueilli et apprécié notre projet. Plusieurs de ces responsables ont gardé nos badges et avancé que notre passage avait sensibilisé le personnel qui fait le service. Les participant.e.s à notre jeu au stand s’amusaient tout en apprenant des faits sur la consommation d’alcool, les retours étaient positifs.

Avez-vous rencontré des difficultés imprévues ?

En fait, oui. Le troisième projet a été annulé car trop dangereux en pleine foule, nous ne pouvions pas assurer la sécurité physique des participants. De plus, nos deuxième et troisième projets ciblaient en première intention une population jeune et/ou mineure. Cependant, cette population était peu présente pendant nos heures de présence qui étaient relativement tôt.

Quel a été le moment fort de cette expérience ?

Construire le projet de bout à bout pour finir sur le terrain avec les inévitables imprévus et difficultés (oser aborder des inconnu.e.s par ex) et voir le projet aboutir ont été les moments forts de cette expérience. Nous retirons satisfaction et fierté d’avoir donné naissance à notre projet et d’avoir pu le mener à terme !