Les classes actives, un levier pour la santé des étudiant·es

Une enquête menée par HESAV et la HEIG-VD auprès de leur communauté étudiante révèle un niveau insuffisant de mouvement, avec des chiffres préoccupants en matière d’activité physique et de sédentarité. Pour y remédier, des solutions ont été mises en place à HESAV. Elles sont actuellement évaluées pour être pérennisées et étendues à d’autres écoles.

Les chiffres sont alarmants : 84% des étudiant·es ayant répondu à l’enquête au sein de HESAV et de la HEIG-VD déclarent être sédentaires au moins 6h par jour. Seul·es 53% marchent au minimum 30 minutes par jour. « En revanche, 76% pratiquent une activité physique lors de leurs loisirs, se console Mathilde Hyvärinen, Doctorante et Collaboratrice R&I à HESAV en charge de l'étude. C’est bien, mais cela ne suffit pas pour faire la différence du point de vue de la santé. »

L’Organisation mondiale de la santé recommande aux adultes de pratiquer entre 150 et 300 minutes d’activité physique d’intensité moyenne par semaine. « Cela représente, par exemple, 30 minutes de marche rapide ou de vélo à plat par jour », précise Mathilde Hyvärinen. Une activité physique d’intensité moyenne implique une légère transpiration et une respiration plus rapide qui n’empêche pas la conversation. Ainsi, des activités telles que le jardinage, certaines tâches ménagères ou des loisirs comme la natation conviennent parfaitement. « Cette régularité a une meilleure influence sur la santé qu’une activité physique intense ponctuelle », conclut Mathilde Hyvärinen.

L’OMS encourage également à limiter les activités sédentaires. Il serait ainsi pertinent de « casser » les périodes assises une à deux fois par heure et d’intégrer un mouvement régulier d’intensité moyenne dans leur emploi du temps. « A court terme, une activité physique régulière agit directement sur la santé mentale et la qualité de l’apprentissage, explique Mathilde Hyvärinen. A long terme, ce sont des comportements de santé pris pour durer, car le passage à l’âge adulte – qui correspond souvent à la période des études – est un moment-clé dans la construction d’habitudes de vie.

Sensibiliser et inviter au mouvement grâce aux classes actives

Alors comment transformer la dynamique de la formation pour envisager des solutions transversales ? « A HESAV, nous avons intégré plusieurs modalités de classes actives, détaille Mathilde Hyvärinen. Pendant les cours théoriques, par exemple, nous proposons des quiz lors desquels les étudiant·es doivent se lever et prendre une certaine position pour indiquer leur réponse. En plus de dynamiser les cours, cela apporte une touche ludique. » En réduisant la sédentarité, ce type d’intervention est bénéfique pour la santé et aide à la concentration.

Les formations en santé sont également plus propices à des comportements de santé positifs. Les stages pratiques impliquent particulièrement le corps, brisant la sédentarité, et les étudiant·es sont confronté·es durant les cours à des recommandations en matière d’activité physique. « Entre la sensibilisation au quotidien et l’expérience du mouvement, les étudiant·es sont plus susceptibles d’adopter des comportements actifs, acquiesce Mathilde Hyvärinen. Et parce qu’iels se les sont appropriés, iels sont également plus susceptibles de les transmettre efficacement dans leur pratique du soin ». Au-delà des bénéfices individuels, les programmes de classes actives contribuent pleinement à la formation en matière de promotion de la santé.