Recherches en cours

Écoute musicale en chambre de soins intensifs (CSI) en milieu psychiatrique

Angelika Güsewell (HEMU), Gilles Bangerter (HESAV), Emilie Bovet (HESAV), Cédric Bornand (HEIG-VD), Alexia Stantzos (DP-CHUV/ SPN), Alessandro Ratoci (IRCAM, Sorbonne Université et HEMU), Matthieu Thomas (HEMU)

Les mesures de contention dans la prise en charge des patient.e.s psychiatriques sont très controversées, en Suisse comme dans d’autres pays européens. Le placement en chambre de soins intensifs (CSI) ou en chambre sécurisée (l’appellation varie d’une institution à l’autre) – espace verrouillable visant à réduire les stimulations sensorielles afin que les patient.e.s puissent reprendre le contrôle de leur état psychique et de leur comportement – est problématique à plusieurs égards : il s’agit d’une atteinte à la liberté, à l’autonomie et à la dignité des patient.e.s ; la fonction thérapeutique et l’efficacité de la mesure ne sont pas avérées ; l’hypostimulation sensorielle peut présenter des risques ; finalement, ce type d’intervention rend difficile l’établissement d’une relation soignante basée sur le dialogue et les interactions.

Le recours à la musique pour combler le silence de la chambre tout en réduisant le sentiment de solitude et d’abandon exprimé par les patient.e.s semble une piste prometteuse, surtout si ces dernier.ère.s ont la possibilité de gérer eux/elles-mêmes le dispositif qui diffuse la musique, retrouvant ainsi une certaine autonomie et une emprise sur leur environnement. Ces considérations ont constitué le point de départ d’un projet de recherche-action (Amenhotep, 2012-2016) qui a permis de développer un dispositif d’écoute musicale conforme aux règles de sécurité très strictes des services de psychiatrie aiguë et d’élaborer un choix de morceaux de musique catégorisés selon leur contenu émotionnel. Actuellement, plusieurs chambres sont équipées de ce dispositif dans trois hôpitaux psychiatriques en Suisse et en France voisine (Lyon).

L’objectif principal du projet « écoute musicale en CSI » est de mettre le dispositif à l’épreuve d’une démarche de recherche empirique en testant certaines des hypothèses formulées par les équipes soignantes impliquées dans son élaboration. Le projet doit observer si les modalités d’utilisation du dispositif par les patient.e.s prennent des formes différentes selon leurs besoins du moment ; si le dispositif suscite des nouvelles formes d’échanges et d’interaction entre soignant.e.s et patient.e.s ; et si son implémentation et son utilisation ont un impact sur le bien-être au travail des premier.ère.s et sur le vécu subjectif du placement en CSI des second.e.s.

Équipe de recherche

Angelika Güsewell, requérante principale, HEMU

Gilles Bangerter, co-requérant, HESAV

Emilie Bovet, co-requérante, HESAV

Cédric Bornand, co-requérant, HEIG-VD

Alexia Stantzos, co-requérante, DP- CHUV/ SPN

Alessandro Ratoci, adjoint scientifique, IRCAM, Université de Sorbonne et HEMU

Matthieu Thomas, assistant de recherche, HEMU

Financement

Fondation Gerbert Rüf, projet BREF-Soziale Innovationnen

Durée

24 mois